LA MAISON, LA CHAMBRE ET L’ENFANT

par | TORTUE

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COMMENT AIDER (OU PAS) SON ENFANT À SE SENTIR BIEN DANS SA CHAMBRE ?

Si je suis designer d’intérieur, je suis avant ça (et pendant !) une maman.
Au six mois de LOu, après un gros camping improvisé en studio, nous avons emménagé dans un T3. Elle allait avoir SA chambre. Et aussi une maison qui grandirait avec elle. Je mettais les affaires à sa hauteur et les moins adaptées au-dessus des petites traces de mains collantes qui parsemaient l’appartement. Sans pour autant vivre dans une crèche, nous vivons dans un espace de vie partagé, égayé de sons, de jeux et de dessins qui nous ressemble/rassemble.

Coté nuit, ça a été plus compliqué…

Même en tant que pro de l’optimisation ès intérieurs ( !😊), j’ai pas mal expérimenté et cafouillé dans l’aménagement de la chambre de ma fille ! Petit cobaye malgré elle, tout comme Picasso, elle a eu ses périodes : lorsque sa chambre n’était qu’un dortoir et qu’elle la fuyait, lui préférant le salon, puis lorsque qu’elle a commencé à s’y impliquer.

Entre inspiration picorée dans les catalogues ou magasins, chez les copains, sur Internet et les grands principes de l’architecture d’intérieur, saupoudrée de Montessori et du Feng Shui… comment aider son enfant à se sentir bien dans son espace intime, à ce qu’il l’habite pleinement ?

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AU COMMENCEMENT ÉTAIENT LE PRINCIPE ET L’HABITUDE

Dans mes souvenirs d’enfance, les monstres se cachaient près de la fenêtre et il était plus rassurant de dormir côté cœur de la maison, bien cachée et réchauffée sous la couette !! J’ai donc éloigné au max de la fenêtre le lit de LOu, mis son bureau là-bas en lieu hostile et la commode de vêtements en rempart entre les 2.

Ce fut une période où ma petite n’entrait qu’en courant dans sa chambre en journée pour aller y chercher un truc. Et chaque nuit elle m’appelait pour un bisou ou un verre d’eau pour repousser ses monstres à elle. Chacun les siens : dans l’ombre sous son bureau et la trop chaude nuit, les siens se tapissaient et la tourmentaient.

Elle a subi cette chambre hostile pendant + de 10 ans (aïe!) parce que « c’est comme ça », ou qu’on n’y pense pas. On se préoccupait alors + de ce qui serait accroché au mur et comment caler les meubles de l’autre appartement et les affaires, que de l’impression globale ni de son ressenti : « Ça passera ! ».

 

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Les 3 déclics

  1. Prise en main des murs : Avant de détapisser l’affreuse croute (souvenir des anciens habitants), je lui avais peint une fresque qui lui plaisait beaucoup. Puis elle a pris le relai sur ses murs tout blancs devenus, qu’elle a fait vivre sous ses crayons et markers. Sa chambre lui devenait plus sympa ainsi et y passait un peu plus de temps, ce faisant et même après.
  2. Convergence entre passion et mobilier : La passion de LOu pour les livres commençait à déborder entre commode et étagère. En combinant 2 Kallax Ikea, je lui ai composé une bibli-dressing et expatrié sa commode dans l’entrée. Des parties ouvertes pour les bouquins et leurs petits personnages. Les autres fermées pour la garde-robe pliée façon Marie Kondo oblige ! Un petit pas de maman mais un grand pas dans le début de ce qui allait devenir SON espace, à ma miss fan de bibliothèques XXL !
  3. Combo agencement confort et sécurité : Elle m’a alors demandé de bouger les meubles, ensemble. J’étais un peu septique parce qu’on avait pas mal tâtonné à l’époque, surtout pour caler le lit double qu’elle avait adopté, tout en lui laissant de l’espace pour jouer. Entre temps, pendant ma formation en architecture d’intérieur, j’avais aussi appris que pour le confort de l’enfant, le coin fenêtre n’est pas top. Que point de vue Feng Shui on se prend une rafale d’énergie entre porte et fenêtre ! Et voilà que LOu décide de mettre son lit dans le canal énergétique (!), la tête sous la fenêtre, à l’encontre de tous mes principes et apprentissages. Depuis ce jour, elle a aimé sa chambre et bien dormi.

 

J’ai essayé de décrypter le pourquoi d’une sensation si radicalement différente dans un même lieu avec les mêmes meubles. Une belle leçon, un message à transmettre absolument aux habitants.

Proche de la fenêtre, contre le mur extérieur ma fille avait moins chaud la nuit (elle n’est pas frileuse, elle), et pouvait voir par sa porte ce qui se passait dans le couloir (on appelle ça une position de maîtrise en Feng Shui). Sans compter qu’il s’agissait d’un aménagement issu de sa réflexion et de son envie. Une configuration et un moment, en phase. Sa patte, dans Son espace, Son premier terrain de jeux dans la vie, là où elle peut imprimer Ses couleurs.

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DE ‘IL FAUT QUE’ À L’ÉCOUTE ET AU DIALOGUE

L’enfant a grandi et laissé place à l’ado-rable (!) qui se cultive, s’inspire de ce qui l’entoure, virtuel compris. Nous avons parlé musique, Insta, Pinterest, nature, motifs. Nous avons trainé les pieds d’expos en quai de Seine, de parcs en magasins et rêvé tout haut. Puis formalisé l’idée. Le lit est revenu à sa place initiale dans le coin, loin de la fenêtre !! Et LOu dort toujours bien malgré l’ex-configuration détestée. Aujourd’hui les monstres sont apprivoisés, la couette allégée. Je la vois peu en journée : la porte est fermée. Mais en toquant j’entends toujours un « Oui ! ».

La musique et la nature ont gagné les murs ; la douceur et le moelleux, le lit, pour créer un cocon invitant… son chat, les copains et même moi 😊 ! Une invitation au voyage dans son univers en mouvement qu’elle façonne et qui résonne en elle.
Pourquoi ça fonctionne maintenant ? Il n’y a pas qu’une solution mais un faisceau de points à cocher et ce qui est vrai maintenant ne l’était pas forcément et est appelé à évoluer encore dans cette aventure d’habitant !

Les 10 points d’impact significatif entre aménagement d’une chambre d’enfant, son bien-être et son développement au fil du temps.

  1. Espaces de jeu stimulants : pour favoriser la créativité et l’imagination. Les jouets éducatifs, les livres et les activités ludiques peuvent encourager le développement cognitif et émotionnel.
  2. Confort et sécurité : choix de meubles adaptés à l’âge et sécurisation des prises électriques, des coins pointus, etc., pour éviter les accidents.
  3. Espace de sommeil apaisant : des couleurs douces, des rideaux occultants, et limitation des distractions électroniques avant le coucher.
  4. Organisation et rangement : des bacs dédiés pour rassembler les affaires sans se prendre la tête mais apprendre l’autonomie.
  5. Évolution des habitudes dans le temps : un aménagement flexible pour s’adapter à la croissance et aux envies fluctuantes (bouger les meubles, accessoiriser un minimum).
  6. Espace d’expression personnelle : la possibilité de s’exprimer sur les murs (tableaux à craie, couleur, cadres, déco). Cadrer souple, impliquer pour créer un espace qu’ils s’approprient pour se ressourcer, déposer la journée, être soi, se découvrir et grandir.
  7. Lien avec le bien-être : un environnement harmonieux, lumineux, respirant, vivant et positif favorise directement le bien-être émotionnel. Un mieux pour être chez soi, prendre ses marques, se r​ressourcer puis revenir vers les autres, les inviter aussi dans son univers et partager son intimité.
  8. Aspect écologique : des meubles, matériaux et peintures non toxiques pour préserver la santé et l’environnement.
  9. Équilibre entre espace de jeu et espace de travail : pour encourager à se concentrer, expérimenter et à développer des habitudes variées d’apprentissage.
  10. Adaptabilité : un aménagement adaptable qui peut évoluer au fur et à mesure que les intérêts et les besoins changent.

 

 

VERS UNE ARCHITECTURE D’INTÉRIEUR CONSTRUCTIVE

La rançon d’une chambre adoptée est de moins voir son ‘petit’ dans les pièces de vie. Mais à y regarder de plus près c’est savoir où le trouver, le savoir bien chez lui et qu’il revienne à nous parce qu’il en a envie. Si j’ai bien revisité mes grands principes théoriques et historiques, j’en garde encore quelques-uns éprouvés : la notion du soin + le bureau et le sol dégagés pour une chambre propre et aérée, les devoirs et le ménage facile. Le reste lui appartient.

 L’aménagement d’une chambre d’enfant se révèle être bien plus qu’un simple agencement de meubles et de couleurs. C’est un processus évolutif vers une architecture d’intérieur constructive qui prend en compte l’évolution des habitudes et des besoins de l’enfant au fil du temps. Peu importe pour combien de temps, ni que ce soit un temps court et non définitif. C’est tout le challenge et le bénéfice de la réflexion lui parviendra directement. La place de l’habitant est au cœur de cette démarche, combinant à la fois la théorie et la pratique. Le signal est la qualité du ressenti de votre enfant dans son domaine. Loin du caprice, il est un indicateur auquel se fier pour ajuster, re questionner ses besoins et l’accompagner.

 Une chambre d’enfant appropriée commence par lui proposer un environnement adapté à son développement, puis lui apprendre progressivement à prendre les rênes de son univers, lui confiant les clés. Tester avec lui, l’écouter et lui faire confiance sont des éléments essentiels pour lui permettre d’exprimer sa créativité, son identité et sa personnalité, que ce soit à travers la peinture des murs, le rangement ou la décoration.

La modularité évolutive est un principe clé dans cette approche, permettant d’adapter la chambre au gré des intérêts et des passions changeants de l’enfant. En somme, l’aménagement d’une chambre d’enfant devrait être un processus empreint de respect, de confiance et d’écoute, offrant à l’enfant la liberté d’exprimer sa personnalité et de se sentir chez lui. Une chambre qui évolue avec lui, tout en lui permettant de grandir et de s’épanouir dans un espace qui lui est propre. Riche de mon expérience de maman et en tant que designer d’intérieur, je vous accompagne dans vos problématiques d’habitat et de cohabitation pour un chez vous + SIMPLE + SAIN + SEREIN.

Charlotte GODFROID @ TORTUE
Etude, optimisation de plans et d’espaces
Conseil en aménagement et rénovation
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